mardi, 04 juillet 2006
THE HELL BOYS
Fils du King
Le vendredi est désormais le jour de la semaine le plus attendu de la terre. Comprenez : du public parisien branché (pléonasme) rock et très jeune des Friday Rock, les soirées organisées par Rock and folk au GIBUS. C’est donc un vendredi soir que je viens interviewer THE HELL BOYS, dans un café qui ressemble au QG des groupes du moment. The Naast, les Plasticine ou les Second Sex passent tous par là avant d’aller jouer en face. Voilà presque plus d’un an que le magazine organise ces soirées en l’honneur des jeunes groupes parisiens. C’est un vrai succès. On glisse sur la hype, on crie au retour du Rock. République regorge désormais de clônes des Ramones pour les mecs et de Nico pour les filles. Un vrai défilé de mode. De rock, pardon. D’ailleurs quand plus tard j’assiste au concert, je regarde la foule avec perpléxité : il y a même des gosses de 10 ans qui sont là et qui jouent à cache-cache pendant que leurs aînés s’amusent avec leurs premières Gibson. D’un autre côté c’est cool, me direz-vous…vive les concerts inter-générationnels, non ? Bon, je m’égare. Revenons aux Hell Boys. Qui sont les HELL BOYS ? Un groupe de moinsde 20 ans ? moins de 18 ? Raté.
Yarol (Poupaud) et le batteur du groupe, Ghani, sont en avance. Je m’installe avec eux et nous attendons le reste du groupe. Le batteur des Second Sex « plein d’hormones frétillantes » (dixit Yarol) traîne dans les parages et s’arrête une minute pour saluer Yarol. En attendant NiKola Acin (chanteur du groupe) et les autres membres du groupe, on parle de tout et de rien : Bloc Party s’est donc formé au siècle dernier ? The Rock Telegraph entre les mains (dans sa dernière version papier, ndrl), le batteur commente l’Edito où je parle des Plasticines et où je dis, je cite, qu’elles sont « trop lisses ». Silence gêné. Yarol connaît bien les Plasticines, il vient de signer leur premier single sur Bonus Track Record. Pas le temps d’en dire plus, Nikola Acin finit par arriver suivi du guitariste et du bassiste. Et de leur avocat qui n’avait rien à faire ici, mais qui assiste quand même à l’interview. Histoire qu’on ne raconte pas n’importe quoi.
Comme avant chaque interviews, le silence s’installe. On se regarde un moment, raclement de gorge, concentration, on y va. Commençons par le début. Rencontre sur un terrain professionnel, entre Christophe, le guitariste et Nikola. Puis, Ghani, le batteur, qui jouait pour un groupe de Heavy Metal, rentre en scène. Adan, le bassiste, le plus jeune du groupe est recruté pour son talent, au lycée. Voilà, ils se connaissaient déjà au lycée. C’est dire la complicité qui existe entre eux, une certaine connivence. : « On s’amusait à répéter ensemble dans un studio de Levallois Perret…on faisait des reprises, des Stones principalement, c’était notre première source d’inspiration…on jouait pas mal « Paint it Black » et le blues via les Stones « Little Red Rooster ». On a essayé de taper dans le simple pour nos premières chansons ».
-Vous faites encore des reprises en concert ? des reprises des Stones par exemple ?
-Justement ! on essaie de varier les reprises, ça tourne autour d’une douzaine, maintenant on a pris le pli…
-Ce qui était compliqué c’est que nous avions trois univers différents
-On jouait des morceaux sur lesquels nous étions d’accord…mais on ne se sentait pas de reprendre les Beatles ou des trucs des années 50…
-Et les sex Pistols alors ?
-ça faisait parti d’un projet de reprises pour une compil’, qui ne s’est pas faite…c’était marrant de reprendre les Sex Pistols, mais à l’envers, c’était un hommage à Glen Matlock qui a composé le morceau. En fait, je me rappelle maintenant, l’idée m’est venue en regardant le DVD classic albums où ils racontent comment ils ont fait leur morceaux. On voit Matlock avec une gratte accoustique avec de supers mélodies, donc avec tout l’amour et la dévotion que je leur porte, je me suis dit que ça serait un meilleur hommage pour eux que de la reprendre note par note…donc autant leur rendre hommage en mettant en valeur la qualité mélodique…
-En général, c’est Nikola qui a l’idée des reprises…
-wouais, wouais…je passe mon temps à réfléchir la nuit aux reprises qu’on va faire…comme eux ils ont des vies et des femmes…
-Et des lunettes ! » (le batteur qui a mis ses lunettes de soleil…)
-Il aime bien souligner son origine Germaine… ».
-Bon, ok, les mecs. Et votre look alors ? Chemises panthères, costards noirs et bagouzes à tête de mort… ?
-C’est une invocation animale en fait…c’est une traduction qui remonte à…Moboutou ? c’est Moboutou qui avait un chapeau léopard, non ?
-Oh l’avocat qui flippe, on va encore avoir du courrier ! (rires)
-C’est aussi parce qu’il fallait une identité, un uniforme, et le léopard c’est ce qui nous rapprochait tous quoi…
-C’est l’idée d’être comme dans les groupes de soul aussi, d’avoir l’uniforme du groupe comme les Miracles ou les Temptation voilà et…ma grand-mère s’est plaint parce que c’est son dessus de lit que j’ai pris mais elle a compris que c’était pour une bonne cause…
-J’ai l’impression que vous reprenez les codes visuels du Rock and Roll à ses origines…
-Jerry Lee Lewis avait une veste à col léopard…mais ce n’est pas comme si on se disait, tiens reprenons les codes mais c’est juste une identité qu’on a toujours eu depuis le début…
-(Adan) non mais on va voir un show quoi ! C’est un respect pour le public…
-Et le titre de l’album , Mutant Love ?
-Au départ je me suis rendu compte que c’était pas mal comme titre d’album et en fait c’est un genre de pornographie au Japon… » Rires des autres. « non je plaisante pas pour une fois…hum c’est la pornographie qui concerne les monstres à tentacules, de la pornographie de bande dessinée, genre qui montre des femmes avec 8 paires de poitrines, avec un monstre avec plein de verges au bout des doigts, c’est le mutant love, c’est comme ça qu’ils appellent ça…j’ai appris ça chez Daniel à la boutique…on vient de faire des accents débiles en imitant les asiatiques (rires)
-Et vous pouvez me parler des chansons de l’album ? disons…titres par titres ?
Adan : -Disconnected alors, non ? une chanson que Nikola a écrite…
-ça c’est une compo d’Adan…
-Non, non, en fait Nikola a trouvé une chanson, il a écrit les paroles…voilà c’est une chanson qui s’appelle Disconnected…moi, tout de suite, pam ! Disconnected, ok, j’ai la mélodie et c’est arrivé très vite…les autres titres des chansons c’est Nikola…genre mutant love…
-Vous travaillez comment ?
Adam : - En général quand Nikola compose, il arrive avec ses mélodies et on arrange les accords ensemble
Nikola : je suis incapable de faire des arrangements, je viens avec en gros ça tient avec 4 accords maximum et vaguement une mélodie de voix et avec les paroles…et y’a du déchet, quand j’arrive avec 4/5 chansons si j’arrive à en placer une c’est déjà un succès…
-Mais c’est bien il faut qu’on soit exigeant entre nous !
-Après y’a des ambitions qu’on a de composer de jolies chansons dans un style un peu inspiré par ceci, dans un style qui va plutôt vers cela…ça nous fait plaisir à nous 4 de ne pas répéter le même genre musical systématiquement…
-J’ai lu une critique qui disait que lorque vouschantiez en anglais c’était bien mais quand vous abordiez la langue de Molière ça se cassait un peu la figure…
-Ma réponse c’est qu’il ne m’a pas encore entendu chanter en Hollandais !
-C’est là que ça prend toute sa valeur…
-Non non mais c’est une opinion comme une autre…je me considère davantage parolier que compositeur, mes compos sont élémentaires, par contre je fais gaffe aux paroles, que ce soit cohérent et que ça tienne debout…
Et vous trouvez que ce débat tient la route ?
-On fait les chansons comme elles sortent ! on ne se pose pas la question de savoir si on les chante en anglais ou en français et voilà…
Nikola : j’écris vraiment les textes d’une traite, je me dis, pas mal, y’a un refrain…c’est aussi dû au fait que le français est accentué à la dernière syllable des mots…je connais très peu de bons paroliers Français…j’essaie de me donner des exercices, des thèmes comme dans Besoin de rien, un type qui est tenté par une secte…y’a des fantasmes, comme celle où je parle du rêve où je me retrouve devant les portes de la maison d’Elvis…
-Vous êtes allés à Graceland, non ?
-On est allé en pèlerinage…
-Vous feriez un hommage à Elvis ?
-On a déjà fait Burning Love…c’est un hommage permanent !
-On est tous fans d’Elvis au sein des hell Boys !
-Je pensais au format de vos chansons aussi, qui ne dépassent pas les 3m30, c’est un format idéal pour la radio ça…
Adam : -j’aime bien garder le format traditionnel des chansons qui font 3m30
-En même temps, en concert, on hésite pas à rallonger les chansons…On aime les belles chansons, cela dit on a pas mal de goût pour les choses psychédéliques et si y’a moyen que ça vienne spontanément, c’est toujours bienvenu, on est jamais fermé à une idée parce que elle ne va pas dans le sens de ce qu’on avait décidé initialement. Cela dit un des grand boulot qu’on a fait sur le groupe, un des premiers conseils qu’on nous avait donné c’était de travailler les fins de chansons. Et de finir bien ensemble ! »
Quoi, c’est déjà terminé ? eh oui, les Hell boys se font appeler pour rentrer au Gibus par Yarol pour cause d’emlpoi du temps chargé avant le début du concert. C’est la fin de l’interview. Je ne sais pas quoi penser des Hell Boys. Ils savent ce qu’ils veulent (jouer, faire de belles chansons) mais quelque chose dans leur personnalité relève du mystère. Se cacher derrière l’humour, enfiler un beau costard léopard, monter sur scène et rêver qu’on est fils d’Elvis, fils du King.
Elektra Spector
The Hell Boys, Mutant Love, (Bonus track record/Discograph)
Ghani El Hindy – Batterie
Christophe Lagarde — Guitare lead, voix
Adan Jodorowsky — Basse, piano, orgue, voix
Nikola Acin — Voix, guitare rythmique
10:40 Publié dans The Hell Boys | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 23 juin 2006
Surtout n'oubliez pas...
11:27 Publié dans Note de la rédactrice en chef | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 15 mai 2006
Interview de CALEXICO
Que diriez-vous d’un nouvel et magnifique opus de Calexico ? C’est chose faite avec Garden Ruin. Pas besoin de périphrases pour exprimer la beauté de cet album fait de poussières et d’engagement, à leur manière, politique. C’est beau, tout simplement, et intense. Nous avons eu la chance d’interviewer l’un de ses membres fondateurs, à savoir le batteur John Convertino qui nous en a dit plus sur cet album. L’interview précédait leur concert à la Maroquinerie qui fût lui aussi, magnifique. Nous sommes restées sans voix et avons eu la chance de découvrir El Perro del Mar, un groupe Suédois d’une fraîcheur et d’une délicatesse toute lunatique.
R.T . : Garden Ruin semble être plus sombre que votre album précédent, particulièrement les paroles. Est – ce que cet album représente un tournant pour vous ?
Je crois que pas mal de changements se sont produits en moi depuis Feast of Wire. En ce moment, tous les disques essaient de jouer quelque chose de plus simple, de plus orienté vers la pop et je n’ai senti pas que je pouvais le jouer de tout cœur. Et donc on a complètement zappé tout ça, et on en est revenu à faire ce qu’on faisait, on explore plus les rythmes jazz, latinos et les valses ¾ … au moins six à chaque fois ! On commençait à se sentir bien à jouer de ça de plus en plus, chose qui s’est développée au fur et à mesure qu’on jouait en live. Donc je pense qu’avec cet album je me sentais plus à l’aise, c’est certainement du à la structure des chanson …C’est intéressant, on pourrait penser que le disque est plus sombre, mais en réalité, la musique en elle-même, la plupart des chansons, est écrite en clé majeure, en C majeur qui s’apparente à un A mineur. Et la plupart de nos chansons d’avant étaient écrites en A mineur. Je pense que ça donne un bon contraste, d’avoir une musique plutôt égayée , alors que les paroles offrent une vision plus réaliste de ce qui nous est arrivé dans notre vie personnelle, et de ce qui est arrivé dans le monde, surtout en ce qui concerne notre pays et sa vie politique et toute la frustration qu’on peut ressentir en devant faire face à ça …
R.T. : Et même si vous faites quelque chose de différent par rapport à votre disque précédent, est-ce que vous avez gardé l’esprit de Calexico ?
Je pense que oui, je pense que c’est encore là. On a gardé les mêmes instruments ; c’est surtout un transfert : on a voulu explorer un aspect nouveau du groupe, c’est quelque chose que nous avons remarqué à force de jouer en live. C’est génial d’avoir autant de genres de chansons différents parmi lesquels choisir, tous les soirs. Et ce large éventail de chansons contraste tellement avec ce qu’on faisait avant … et puis ça rend les live tellement plus divertissants à jouer ! Et on joue beaucoup, Donc je pense que cela nous évite de pourrir en s’ennuyant de ce qu’on fait… On est constamment en train de se lancer un challenge ! Et puis, c’est sympa d’avoir ce contraste ! Et ça dure encore, comme ça, ça dure toujours … C’est encore là, dans le même esprit que ce qu’on a toujours essayé de faire et cela fait maintenant presque 10 ans !
R.T. : L’aspect poétique de vos paroles dans Garden Ruin est très marquant …
Oui, mais les paroles, ça a toujours été le plus difficile. Je pense que ça vient du fait qu’on a commencé par travailler sur les instruments. A la base, quand Joey et moi, on a commencé à écrire des chansons, c’était de l’instrumental, pour un groupe qui s’appelait « The friends of Dean Marteens », et à partir de là, on a commencé à écrire une nouvelle série de chansons. Notre toute première, c’était Spoke ,et les paroles étaient très personnelles, et puis après on est retourné à des chansons avec plus d’ambiance et d’instruments. Les paroles accompagnaient toujours ce qu’on faisait et j’aidais Joey à écrire les paroles, qui étaient de plus en plus poétiques et devenaient de plus en plus abstraites ; on prenait des idées dans des livres. Je pense que ce disque ressemble beaucoup plus à notre tout premier. Certaines chansons étaient faites quand on avait mis au point les paroles. Parfois Joey avait les paroles toutes prêtes et parfois on ne trouvait les paroles qu’à la toute fin. Je pense que tout le côté abstrait vient de là … tu essaies d’associer un mot à une émotion ou une sensation que tu ressens musicalement. Je pense que la situation politique compte beaucoup également. Aux Etats-Unis je suis très déçu, frustré et attristé par la guerre. Il y a tellement d’Américains qui n’en voulait pas de cette guerre… le pays est divisé en deux, et c’est tellement frustrant … on a l’impression que ça pèse dans l’atmosphère, dans nos consciences. Le mieux c’est de l’exprimer par la musique. Je pense que c’est très important d’y remédier de façon réaliste. Je ne souhaite rien, je souhaite que juste que ça s’arrête !
R.T. : Est-ce que tu peux nous en dire plus sur votre collaboration avec le producteur Joey Foster?
Joey Foster a une grande influence sur notre changement. Joey (chanteur – guitariste) et moi avions toujours produit les disques avec notre ingénieur, Rick Schümacher. Très souvent, c’est lui qui tranchait dans une série de décisions qu’il fallait faire ; parfois c’est très dur pour nous de prendre des décisions, alors on enregistrait beaucoup de chansons, du coup l’album commençait à être vraiment long, jusqu’au moment où il fallait le boucler, et trouver le moyen de le raccourcir. Et ça c’était toujours très dur pour nous. On s’est dit que si on trouvait quelqu’un en qui on avait vraiment confiance et qu’on respectait vraiment, il nous aiderait à prendre des décisions rapides et c’est ce qu’il a fait. Il nous a fait nous concentrer sur une chanson, il savait quand il était temps de passer à une autre chanson … il essayait vraiment de rendre chaque chanson plus complète ! Et on s’est bien amusé ! C’était vraiment bien de travailler avec lui. Je crois que ce qui était bien surtout c’est qu’on a vraiment répété les chansons avant d’entrer en studio. Donc pour certaines chansons c’est tout le groupe qui s’est pointé, JB s’était pointé, il faisait des suggestions, pendant qu’on faisait bœuf sur bœuf (?), on s’amusait. Et pour d’autres chansons c’est comme on faisait, Joey et moi, autrefois, quand il n’y avait que lui et moi : on se concentrait sur un morceau simple, avec juste un son de guitare et de batterie, c’est le cas pour « Yours and Mine » et « Panic Open Stream ». Les rythmes de ces deux chansons correspondent vraiment à ça. Alors que pour « Cruel » et « All System Red », « Smash » et « Nom de Plume » tout le groupe était présent pour les faire.
R.T. : Est-ce que tu peux nous en dire plus à propos de la pochette dont le design diffère des précédentes pochettes ?
Victor Kasseling est toujours un très bon ami à nous, et c’est lui qui a fait la pochette de tous nos autres albums, mais là il était vraiment occupé à participer à une expo d’art . Je trouve que c’est très intéressant qu’il n’ait pas eu le temps de se concentrer sur ce qu’on faisait. Et James Jean (?), qui a fait le design, on lui a simplement envoyé nos MP3 au fur et à mesure qu’on les mettait au point et il lui a fait la pochette en écoutant la musique. J’ai trouvé vraiment approprié qu’il fasse ça, car Victor faisait la même chose quand il a fait la pochette d nos autres disques : il écoutait d’abord et s’en inspirait.
Interview sandrine DM et Layla W. pour the Rock Telegraph.
10:50 Publié dans CALEXICO | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


